
L’origine gauloise du rempart
Dans les années 1970, les premières investigations archéologiques révèlent l'origine gauloise du lieu et de l'ouvrage défensif, longtemps considéré comme une fortification militaire romaine et qualifié de « camp de César ». Peu d’aménagements internes sont identifiés, mais le mobilier correspond à une occupation domestique du Ier siècle avant notre ère : poteries, meules à grains, amphores vinaires importées d’Italie, éléments de parure, et à la pratique d’activités métallurgiques : moule de bronzier et scories. Un rempart secondaire en pierre sèche a également été reconnu sur le reste du pourtour du site en sommet de falaise. Ainsi l’oppidum de Moulay apparaît comme un site majeur de l’époque gauloise.
L’un des dix plus vastes oppida de Gaule
Plus grand site connu aujourd’hui sur le Massif armoricain, Moulay fait dès lors partie des dix plus vastes oppida gaulois. L’agglomération fortifiée correspond au chef-lieu de la cité gauloise des Diablintes. À la période romaine, le centre de pouvoir se déplace à quelques kilomètres de là à Jublains (Noviodunum), puis à Mayenne au nord de Moulay dès l’époque carolingienne. Ces trois sites voisins illustrent ainsi la permanence du siège du pouvoir politique et son évolution au cours de plus d’un millénaire sur d’un même territoire.
Un projet scientifique d’envergure
Le projet scientifique, réalisé grâce aux données anciennes et aux résultats du diagnostic, s’est enrichi d’exemples fournis par les fouilles récentes d’agglomérations gauloises de l’ouest de la France. De nombreux éléments du paysage figurant sur le cadastre du XIXe siècle sont parfois encore visibles aujourd’hui, les chemins creux notamment, et attestent une origine vraisemblablement gauloise. La découverte, lors de travaux de remembrement agraire dans les années 1970, d’un ancien chemin creux remblayé par près de 200 meules gauloises qui pourrait finalement correspondre à la voie principale de l’enceinte orientale de l’oppidum identifiée en 2004, en est un exemple. Par ailleurs, dans les environs immédiats du site fortifié, une ferme gauloise a déjà fait l’objet d’une fouille tandis que deux autres établissements agricoles seront étudiés dans les mois à venir.
Les enjeux scientifiques de cette opération archéologique, dont l’envergure exceptionnelle n’a pas d’équivalent à l’échelle européenne sur un site analogue, devraient permettre d’apporter un regard nouveau sur le phénomène des oppida celtiques.
Source INRAP




























