Blog - Statère - Monnaies Gauloises

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vendredi, février 11 2011

Moulay, ville gauloise fortifiée


Dans les années 1970, une occupation gauloise retranchée dans un espace fortifié de 12 hectares est mise en évidence par des recherches archéologiques menées à Moulay.
Aménagée à l'extrémité d'un vaste promontoire rocheux, l’enceinte est fermée par un imposant rempart, encore visible aujourd’hui. En 2004, un diagnostic permet de localiser un second rempart à 1 000 mètres en amont du premier, révélant une occupation gauloise beaucoup plus étendue.

Un des plus grands oppida de la Gaule

Ces découvertes changent radicalement la morphologie générale de ce site, dont la surface totale définie par les deux enceintes concentriques avoisine désormais les 135 hectares. Capitale vraisemblable du territoire des Aulerques Diablintes aux IIe et Ier siècles avant notre ère, Moulay correspond au plus vaste oppidum identifié sur le Massif armoricain. Il intègre désormais la catégorie des grands oppida européens, jusqu’à présent inconnus dans l'ouest de la Gaule.

Les enjeux de la fouille

Menée sur un tracé linéaire de 1 400 mètres de longueur et environ 11 hectares, la fouille débutée fin 2009 est d’une envergure exceptionnelle. Elle permet d'aborder de manière inédite deux grandes problématiques inhérentes aux oppida : l’étendue des aménagements et leur degré d’organisation. En effet, l'une des interrogations des archéologues quant à ces grands sites fortifiés préromains porte sur l'étendue réelle de leurs occupations internes : ces vastes enceintes, pouvant atteindre jusqu’à plusieurs centaines d’hectares, étaient-elles intégralement occupées ? Renfermaient-elles de vastes espaces agricoles, comme on le pense généralement ?
L'autre interrogation des archéologues a trait à la structuration des aménagements internes. Souvent partiellement fouillés, les oppida évoquent une certaine rationalisation de l'espace aménagé, avec la présence d'îlots bâtis, de rues et de places. Toutefois, on a longtemps hésité à qualifier ces agglomérations celtiques de « ville urbanisée », en comparaison avec le modèle de la ville antique de tradition méditerranéenne ou encore avec celui de la ville médiévale. La ville celtique, qualifiée de « proto-urbaine », est considérée comme étant moins évoluée que la ville dite historique.

Une occupation dense et raisonnée

À Moulay, les résultats des recherches révèlent une occupation dense et structurée sur 80 hectares au minimum, faute de pouvoir prouver, pour le moment, que l'étendue de l'agglomération concerne l'intégralité des 135 hectares intra muros.
À titre de comparaison, la plupart des grands centres urbains des cités antiques atteignent 40 à 50 hectares : Rennes (Condate), Nantes (Condevicnum)… Quant à Jublains (Noviodunum), capitale locale pour la période gallo-romaine à partir de la fin du Ier siècle avant notre ère, elle ne se développe que sur 20 hectares environ. Les vestiges découverts indiquent que l’organisation de l'espace, basée sur un système à dominante orthogonale, est structurée par un réseau de voies de circulation et de fossés d'orientations nord-sud et est-ouest. La ville est organisée en quartiers : résidentiels, à l'intérieur desquels se mêlent espaces privés et espaces collectifs (sanctuaire ?), et artisanaux. L’agencement des infrastructures et la permanence de modules architecturaux témoignent d'une gestion raisonnée de la ville assurée vraisemblablement par des géomètres et des arpenteurs.

Un système politique puissant

La date de la fondation du l’oppidum de Moulay, le statut et le rôle de l’espace cerné de l’enceinte de 12 hectares sont difficiles à identifier. En revanche, la nouvelle enceinte de l'oppidum identifiée en 2004 correspondrait à une vaste ville nouvelle qui se serait développée au Ier siècle avant notre ère au pied de l’espace fortifié de 12 hectares.
L’étendue et l’essor rapide de la ville nouvelle témoignent de la puissance de l’élite locale. La planification de l'espace urbain renvoie à une administration forte et complexe, inattendue pour cette société préromaine, capable de rassembler les corps de métiers nécessaires à sa mise en œuvre. L’oppidum de Moulay serait ainsi la plus vaste agglomération fortifiée du secteur, au cœur du terroir politique et économique des Aulerque Diablinte. Place-forte à la fois politique, religieuse, commerciale et artisanale, elle gère un territoire dont la superficie est équivalente à celle d’un de nos départements actuels et s’appuie sur des places-fortes intermédiaires, tel que le site d’Entrammes, comparables à nos sous-préfectures, ou encore sur des agglomérations commerciales dites « secondaires ». Jublains, bourgade voisine qui deviendra la nouvelle capitale du territoire au début de la période gallo-romaine, pourrait bien avoir joué ce rôle. L’oppidum de Moulay n’est donc pas un élément isolé, mais plutôt le cœur névralgique d’un puissant système politique et d’une forte administration, entouré de sites satellites assurant la gestion, l’exploitation et le contrôle d’un vaste territoire.

Une perception des sociétés gauloises entièrement renouvelée

Les données obtenues depuis trente ans, notamment par le biais de l’archéologie préventive, ont totalement renouvelé notre perception de la société gauloise et du monde celtique en général, habituellement associés aux peuples dits « barbares ». Elles témoignent d’une société complexe et hiérarchisée, où l’homme impose à grande échelle sa maîtrise sur l’environnement.
Aménagée sur des superficies difficilement imaginables il y a encore quelques décennies, la campagne gauloise est parcourue par de nombreuses voies et chemins qui traversent et structurent les terroirs exploités par des établissements agricoles. Dans certaines régions, le nombre de ces exploitations est supérieur à celui des fermes de la fin du XIXe siècle.
Socles de la société foncière laténienne, ces habitats ruraux fonctionnent en réseau et sont gérés par des établissements au statut politique plus important. Parallèlement au développement exponentiel de cette forme d’habitat, l’émergence des premières villes non fortifiées, artisanales et commerciales, au IIIe siècle avant notre ère, est un élément important de la structuration économique et politique des territoires.
Plus tardivement, aux IIe et Ier siècles avant notre ère, le développement des oppida à l’échelle européenne au nord des Alpes, des Îles Britanniques à la Hongrie, se surimpose à cette situation. C’est le cas de Moulay.

Poursuite de la fouille

La fouille sur l’oppidum se poursuivra jusqu’à la fin du mois de juin 2011 sur environ 3 hectares. Le plan d’organisation de la ville pourra être complété, facilitant ainsi la compréhension du processus d’urbanisation au sein de l’enceinte fortifiée.
L’étude d’un vaste quartier artisanal est au programme de ces travaux de recherche. Elle permettra de caractériser les artisanats pratiqués (métallurgie, forge, travail du bois, céramique…), à partir des aménagements réalisés par les Gaulois, mais aussi par les déchets générés (outils abandonnés, scories...).
Enfin les archéologues travailleront sur le rempart du Petit Mesnil, qui matérialise la limite nord de l’extension de la ville. Son étude, sur près de 180 mètres de longueur, est une première à l’échelle européenne. Les sondages révèlent qu’il s’agit d’un murus gallicus (du latin : mur gaulois), conservé sur une hauteur voisine de 2,50 mètres, soit le fameux rempart à poutrage interne croisé décrit par Jules César dans "La Guerre des Gaules".

Source INRAP

lundi, juin 28 2010

6.000 amphores trouvées à Toulouse


Plus de 6.000 amphores ont été découvertes à Toulouse sur un site datant de l'époque gauloise, un sanctuaire unique en France, où se réunissaient de très nombreuses personnes pour des rites de libation, a indiqué mercredi le responsable des fouilles, Peter Jud. Depuis le début des recherches dans le cadre d'un programme d'archéologie préventive lancé il y a 9 mois par la société Archeodunum sur les 2 hectares qui abritaient ces dernières années la caserne militaire Niel, "des masses énormes d'amphores", représentant 21 tonnes, ont été découvertes, a-t-il dit.

Les fouilles, qui se poursuivent, montrent de véritables champs de tessons, des morceaux d'amphores qui pouvaient contenir 20 à 25 litres de vin et qui étaient importées d'Italie ou de Grèce. Près de 5.000 pièces de mobilier (céramiques, parures, objets en os, en métal ou en verre) ont également été trouvés sur place. La particularité de ce site, qui remonte de 200 à 80 avant notre ère, est qu'il n'y avait autour aucun habitat: il s'agissait seulement d'un point de rencontre, avec "de grands rassemblements de population marqués par la consommation festive de vin" et des sacrifices d'animaux.

Ce site "énigmatique" est unique en France, a affirmé Peter Jud: le seul autre lieu comparable est à Corent, près de Clermont-Ferrand, mais dans ce dernier cas, des restes d'habitations ont été retrouvés autour. A Toulouse, le site avait été précédemment utilisé de la fin de l'âge du Bronze au début de l'âge du Fer (entre 950 et 750 avant notre ère) comme espace funéraire. Vingt-huit sépultures à incinération, avec des os partiellement brûlés, ont été découvertes.

Une trentaine d'archéologues travaillent sur les lieux, où seront construits dans les prochaines années les locaux du rectorat de Toulouse, une maison de retraites et des logements.

Source Le Figaro

mardi, juin 22 2010

Vu sur le web - Un coin monétaire gaulois

Nouvelle découverte extrêmement rare sur un forum. Un coin monétaire gaulois, trouvé à proximitée de Remiremont (Vosges).



On voit très nettement un cheval galopant à gauche (donc sur la monnaie il sera à droite) avec probablement une légende au dessus. je vous tiendrai au courant un fois la restauration de l'objet effectuée par les services archéologiques appropriés.

Je vous invite donc à relire l'article du blog sur les méthodes de frappe des monnaies gauloises :
http://www.piece-gauloise.com/blog/index.php?post/2008/08/19/La-fabrication-des-monnaies-d-apres-Jean-Francois-BRADU

W-S

mercredi, janvier 13 2010

Un oppidum gaulois revisité

 
À Moulay, en Mayenne, à l'extrémité d'un vaste promontoire granitique situé à la confluence des rivières de la Mayenne et de l’Aron, la fouille d’un des plus grands oppida de la Gaule a débuté. Si une première enceinte fortifiée était connue depuis le XIXe siècle, c’est à l’occasion d’un aménagement routier en 2004 que les archéologues ont identifié ce site remarquable.
 
L’origine gauloise du rempart

L’origine gauloise du rempart

L’enceinte fortifiée anciennement connue s’appuie sur des vallées encaissées présentant par endroit des falaises hautes de plus de 20 mètres. Un rempart massif, de 20 mètres de large pour une hauteur conservée de 6 à 8 mètres, se développe sur près de 350 mètres de longueur et clôt un espace de 12 hectares, à l'intérieur duquel est installé le cœur du bourg actuel de Moulay.
Dans les années 1970, les premières investigations archéologiques révèlent l'origine gauloise du lieu et de l'ouvrage défensif, longtemps considéré comme une fortification militaire romaine et qualifié de « camp de César ». Peu d’aménagements internes sont identifiés, mais le mobilier correspond à une occupation domestique du Ier siècle avant notre ère : poteries, meules à grains, amphores vinaires importées d’Italie, éléments de parure, et à la pratique d’activités métallurgiques : moule de bronzier et scories. Un rempart secondaire en pierre sèche a également été reconnu sur le reste du pourtour du site en sommet de falaise. Ainsi l’oppidum de Moulay apparaît comme un site majeur de l’époque gauloise.

L’un des dix plus vastes oppida de Gaule

En 2004, dans le cadre du contournement routier des communes de Moulay et de Mayenne, l’Inrap a mené un diagnostic archéologique sur près de 9 kilomètres. Le projet routier passe à moins de 300 mètres à l’est de la fortification gauloise connue, sur la suite du promontoire rocheux. À l’extérieur de l’enceinte, le diagnostic a révélé de nombreux indices de la période de La Tène finale (IIe et Ier siècles avant notre ère), dont un nouveau rempart d’environ 1 200 mètres de long à 1 000 mètres en amont du premier. Il rejoint en ligne droite les vallées de la Mayenne et de l'Aron. Cette nouvelle ligne défensive change considérablement la morphologie du site : la surface définie par les deux enceintes concentriques avoisine alors les 135 hectares.
Plus grand site connu aujourd’hui sur le Massif armoricain, Moulay fait dès lors partie des dix plus vastes oppida gaulois. L’agglomération fortifiée correspond au chef-lieu de la cité gauloise des Diablintes. À la période romaine, le centre de pouvoir se déplace à quelques kilomètres de là à Jublains (Noviodunum), puis à Mayenne au nord de Moulay dès l’époque carolingienne. Ces trois sites voisins illustrent ainsi la permanence du siège du pouvoir politique et son évolution au cours de plus d’un millénaire sur d’un même territoire.

Un projet scientifique d’envergure

La fouille, qui s’étendra sur 11 hectares, devrait permettre d’étudier le contexte environnemental de l’oppidum et la structuration de son occupation.
Le projet scientifique, réalisé grâce aux données anciennes et aux résultats du diagnostic, s’est enrichi d’exemples fournis par les fouilles récentes d’agglomérations gauloises de l’ouest de la France. De nombreux éléments du paysage figurant sur le cadastre du XIXe siècle sont parfois encore visibles aujourd’hui, les chemins creux notamment, et attestent une origine vraisemblablement gauloise. La découverte, lors de travaux de remembrement agraire dans les années 1970, d’un ancien chemin creux remblayé par près de 200 meules gauloises qui pourrait finalement correspondre à la voie principale de l’enceinte orientale de l’oppidum identifiée en 2004, en est un exemple. Par ailleurs, dans les environs immédiats du site fortifié, une ferme gauloise a déjà fait l’objet d’une fouille tandis que deux autres établissements agricoles seront étudiés dans les mois à venir.

Les enjeux scientifiques de cette opération archéologique, dont l’envergure exceptionnelle n’a pas d’équivalent à l’échelle européenne sur un site analogue, devraient permettre d’apporter un regard nouveau sur le phénomène des oppida celtiques.

Source INRAP

lundi, janvier 4 2010

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jeudi, septembre 17 2009

Des Gaulois en armes découverts sur un chantier

Quatorze squelettes et douze sépultures ont été exhumés sur un chantier. Des guerriers, peut-être des aristocrates ? En tout cas, une belle découverte, par Toutatis !



D’un coup de pelleteuse, la mission archéologique du département a fait un saut de deux mille trois cent cinquante ans dans le passé au Blanc-Mesnil. Alors que la jeune archéologue Pauline Susini effectuait une fouille préventive sur un chantier de construction d’une zone d’activités, située entre l’A 1 et l’avenue Descartes, elle tombe sur un crâne.

Le périmètre de recherche est alors étendu et ce sont finalement quatorze squelettes et douze sépultures qui sont découverts. Dans la plupart d’entre elles sont retrouvés un glaive, une lance ou des fibules, ces ancêtres de l’épingle à nourrice, dont l’usage séculaire permet aux archéologues de dater précisément leurs découvertes.
Qui étaient ces Gaulois ? Pour le moment, la réponse est floue. Les objets métalliques ont été envoyés en début de semaine dans un laboratoire d’analyses à Compiègne (Oise) et les os vont être examinés par un archéo-anthropologue. Toutefois, Yves Le Béchennec, attaché de conservation à la mission archéologique, qui a par ailleurs supervisé les recherches sur le site gaulois d’Avicenne, à Bobigny, avance quelques pistes. « On peut supposer qu’il s’agit d’une nécropole d’aristocrates, puisqu’ils ont été enterrés avec leurs armes dans une tombe », avance-t-il. A cette époque, la majorité des Gaulois n’avaient pas de sépulture après leur mort. Le faible nombre de squelettes exhumés constitue la deuxième particularité. « Ce pourrait être une petite famille », suppose l’archéologue. A titre de comparaison, plus de six cents squelettes ont été découverts à Avicenne.
Enfin, Yves le Béchennec estime, à l’épaisseur du crâne de l’un des squelettes, que ces Gaulois étaient de grands carnivores. En revanche, il suppose qu’ils se nourrissaient de bovins qu’ils élevaient plutôt que de sangliers chassés en forêt.

A la recherche de griffons et de dragons

Ces premières observations sont cependant insuffisantes pour que l’on soit affirmatif. Les plus grands espoirs se portent désormais non pas sur les épées mais sur la rouille dont elles sont recouvertes. Après une longue phase de restauration, les ornements des fourreaux des épées devraient apparaître. Les archéologues espèrent y découvrir des représentations d’animaux légendaires, comme des griffons ou des dragons. Enfin, toutes les recherches effectuées feront l’objet de comparaisons avec le site de Bobigny, dont la proximité laisse supposer des liens entre les deux communautés. Une comparaison sera également effectuée avec le site de Nanterre (Hauts-de-Seine), où une trentaine de guerriers gaulois avaient été découverts en 2003. Pour de plus amples informations, il faudra « attendre deux ou trois ans », confie, un peu frustrée, Pauline Susini. Ces Gaulois du Blanc-Mesnil sont sa première découverte.

Source Le Parisien

mardi, septembre 15 2009

Le trésor d'Ouzilly


Je vous invite à découvrir un numéro spécial de cgb traitant du trésor d'Ouzilly-Vignolles découvert fortuitement dans un labour et comptant ni plus ni moins que 42 statères en or allié, soit 41 statères dits "picton-santons", un statère de la basse Loire "à l'aigrette" et 372 drachmes pictones "au cheval ailé".

http://www.cgb.fr/bn/pdf/bn066.pdf

jeudi, juin 25 2009

Sous la future rocade de Trégeux, une ville gauloise


Les fouilles ne font que commencer, mais sont déjà très prometteuses. Un site archéologique majeura été découvert à Trégueux (Côtes-d'Armor). Il a plus de 2000 ans.

Tête de Bélier à droite


Grands chefs gaulois


Les archéologues sont depuis quinze jours à peine sur le site de la future rocade de Saint-Brieuc. Et déjà, la moisson est riche. À la faveur d'un premier décapage du terrain, le sol a parlé. Des traces de poteaux marquent l'emplacement de très anciens bâtiments. Un enclos de grande taille se laisse entrevoir. « C'est un enclos carré avec trois lignes de poteaux et des fossés très profonds de plus de quatre mètres », annonce Tim Allen, responsable du chantier de fouilles. Tout indique qu'on a peut-être affaire à la demeure de chefs importants de l'époque gauloise.

Peut-être une ville

Les traces d'habitat découvertes par les archéologues sont datées entre deux et un siècle avant Jésus-Christ. Des céramiques de la même époque ont été trouvées. Il s'agit probablement d'une ville. S'étendant sur 7,5 ha, sur un kilomètre de long, Trégueux pourrait être le plus grand site de l'époque gauloise découvert dans le Nord-Ouest de la France. Il est peut-être plus grand encore que celui de Paule. Pendant vingt ans, à partir de 1988, on y a fouillé les vestiges d'une importante ville gauloise fortifiée de l'Age de Fer (IIe siècle avant J-C).

Le choix des Anglais

La société anglaise Oxford Archeology est en charge de ces fouilles, qui vont durer jusqu'en avril 2010. Elles sont réalisées pour le compte du conseil général des Côtes-d'Armor, maître d'ouvrage de la future rocade prévue à cet endroit. La fouille diagnostic, menée il y a un an par l'Institut national de la recherche archéologique préventive (Inrap), avait révéléun habitat gaulois intéressant.

L'Inrap avait répondu à l'appel d'offres européen lancé pour la fouille qui débute. Mais il ne pouvait pas intervenir avant... 2010. « Dans l'Ouest, l'Inrap fait l'essentiel des fouilles ,mais il voit ses moyens fondre et ne peut plus faire face rapidement, explique Michel Brémont vice-président du conseil général. Et nous ne pouvons pas attendre. Nous avons choisi la société anglaise. » L'élu regrette d'avoir à faire ce choix « alors que des archéologues français sont au chômage ». Cette fouille va coûter 2,8 millions d'euros. Elle est financée par le conseil général des Côtes-d'Armor et Saint-Brieuc agglomération.

Astérix

Sur le terrain, archéologues anglais et français sont ravis de travailler ensemble. L'Anglais Tim Allen et le Français Alan Pezennec s'enrichissent mutuellement des méthodes propres à chaque pays. L'archéologue anglais a lu tout Astérix... mais il l'avoue, il n'avait jamais encore fouillé un village gaulois. Ce chantier est la première grosse opération en France d'Oxford Archeology, plus grosse société privée anglaise de recherches archéologiques, qui vient d'ouvrir un bureau à Caen. Au plus fort du chantier, quarante personnes y travailleront.


Marie-Claudine CHAUPITRE avec David CHOPIN.
Source Ouest France

mercredi, mars 4 2009

Les fascinants Carrés Creux

Le "carré creux" comme on l'appelle est le premier monnayage Grecques en Gaule,de Massalia 530-460 avant J-C. La série à laquelle appartient cette monnaie en argent est appelée " types du trésor d'Auriol " car révélée par un trésor découvert en février 1867 sur la commune d'Auriol (Bouches-du-Rhône13), qui contenait plus de 2130 petites pièces d'argent.

Elles sont toutes en argent et anépigraphes, c'est à dire qu'elles ne comportent aucune inscriptions. Pour la plupart elles présentent des dessins variés sur l'avers et une marque en creux de forme carrée sur le revers. En réalité, ce "carré creux" comme on l'appele communément, est composé de quatre carrés en croix plus ou moins profondément marqués, et qui prennent parfois l'apparence "d'ailes de moulin".

Selon Louis Blancard, les dessins de l'avers, inspirés des monnaies d'Asie Mineure, représentent les emblèmes des citées d'origine
- La tête de Bélier pour Clazomène (Ionie) ou Cebrenia,
- La tête de Lion pour Cysique,
- La tête de Chien pour Colophon,
- La tête de Griffon pour Téos ou Phocée,
- La tête de Nègre pour Antissa de Lesbos,
- Le Masque à Abydos,
...

Tête de Bélier à droite
Tête de Bélier à droite
(Collection Max Derouen)

Protome de Lion mangeant sa proie
Protome de Lion mangeant sa proie
(Collection Max Derouen)

Tête de Sanglier à droite
Tête de Sanglier à droite
(Collection privée)

Tête féminine coiffée d'un bonnet orné de perles
Tête féminine coiffée d'un bonnet orné de perles
(Collection privée)

Protome de Pégase à droite
Protome de Pégase à droite
(Collection privée)

Tête d'Apollon au crobylos
Tête d'Apollon au crobylos
(Collection privée)

Tête de Griffon à droite
Tête de Griffon à droite
(Collection privée)

Casque ionien à droite
Casque ionien à droite
(Collection privée)

Tête d'Artémis à gauche
Tête d'Artémis à gauche
(Collection privée)

Sources : Wikipedia, Belcodene.

mardi, novembre 18 2008

Trésor gaulois découvert à Maestricht

C'est la première fois qu'un tel trésor de monnaies celtiques est découvert sur le sol néerlandais. Les premières pièces furent trouvées par l'amateur détectoriste Paul Curfs dans un champ de la commune d'Ambij, Cne de Maestricht. Dès que l'information fut donnée, des recherches importantes furent menées par N. Roymans, Pr à l'université d' Amsterdam et de trois détectoristes amateurs. Des pièces furent d'abord trouvées éparpillées dans le champ, puis le gros du trésor à 0,65m de profondeur. À l'origine, les pièces se trouvaient dans un sac de cuir et de tissu, et ont été enterrées dans un quartier à l'époque inhabité.


La trouvaille compte au total 109 pièces dont 39 Statères éburons et 70 en argent allié ' Regenbogenschüsselchen ' ( en all. ' coupelles en arc- en- ciel' )en provenance de peuples celto-germaniques riverains du Rhin.
Le dépôt est contemporain de la guerre des Gaules et de l'invasion césarienne au nord de la G. belgique , et témoigne des alliances conclues par les autochtones avec leurs voisins rhénans, pour lutter contre l'armée romaine : César soulignait que les Eburons, en -54/-53 avaient reçu le soutien des tribus ' germaniques ' du Rhin.
La Commune de Maestricht est devenue propriétaire de 80 des pièces trouvées; le reste du trésor a été prêté par les trois détectoristes - amateurs. L'ensemble pourra être admiré par le public les 16 et 17 Nov. de 10h à 15h, et le dimanche de 13 à 17 h au ' centre Ceramique ' de Maestricht.

source maastricht.nl
(traduction Exobnos)

mercredi, octobre 8 2008

MONT-BEUVRAY : Un trésor archéologique découvert à Bibracte

Entre Saône-et-Loire et Nièvre, au sommet du Mont-Beuvray, les archéologues ont mis au jour les plus anciens témoignages d'architecture romaine au nord des Alpes. Une découverte majeure.



«Nous avons mis au jour le plus ancien témoignage d’architecture romaine au nord des Alpes ! On peut le dater de 50 à 30 ans avant Jésus-Christ. Cela veut dire que les Éduens, qui peuplaient Bibracte, avaient décidé de construire «à la romaine» un espace public et de rencontres, sur le modèle d’un forum romain», annonce Vincent Guichard, directeur du centre archéologique européen de Bibracte.

Source Creusot Infos

mardi, septembre 23 2008

Le bronze antique va se mettre à table


Une équipe de Centrale tente de percer les secrets de la Table claudienne...



L'un des plus vieux mystères archéologiques de Lyon est peut-être en passe d¹être élucidé. Hier, une équipe de l'Ecole centrale de Lyon était au Musée gallo-romain de Fourvière pour étudier la Table claudienne. Sur ces 222 kilos de bronze de près de 2000 ans est inscrit un discours de l'empereur Claude.

Des lettres presque parfaites
Depuis un an, cinq étudiants et leurs enseignants planchent au sein du laboratoire de tribologie (science de l¹usure et des frottements) de Centrale. "Les lettres sont parfaitement régulières. On s'intéresse à celles qui ont d¹infimes défauts, explique Roberto Vargiolu, l'un des ingénieurs du labo. On réalise des moulages en silicone pour repérer des détails à l'échelle du micron et déceler d'éventuelles traces d'outils. Un fragment de la table a aussi été prélevé pour analyser la composition du bronze.

Différentes hypothèses sont envisagées dont la "gravure directe" et la "cire perdue". Une première table en cire aurait été créée puis enrobée d'argile pour fabriquer un moule. En chauffant, la cire disparaît et laisse une empreinte dans lequelle est coulé le bronze. D'ici un an l'équipe devrait pouvoir apporter les premiers éléments de réponse.

Source metrofrance

vendredi, septembre 12 2008

L'une des plus belles collections numismatiques gauloises au monde enfin sur le net


C'est une première en France : la collection numismatique gauloise d'un Musée de France est entièrement mise en ligne sur internet et accessible à tous, amateurs et spécialistes.


L’or gaulois du Musée Alfred-Danicourt mis à l’honneur pour les 25e Journées Européennes du Patrimoine

A l’occasion des 25e Journées Européennes du Patrimoine des 20 et 21 septembre, la collection numismatique gauloise du musée de Péronne (Somme) sera particulièrement à l’honneur, localement et nationalement.
En association avec la Direction des Musées de France, une exposition virtuelle sera présentée sur le site internet national des collections des Musées de France / Ministère de la Culture en parallèle avec la mise en ligne sur ce même site de la collection de monnaies gauloises du Musée Alfred-Danicourt. Cette exposition virtuelle sera le pendant d’une exposition traditionnelle celle-là, visible au Musée Alfred-Danicourt (hôtel de ville de Péronne), toutes deux baptisées Le Médailler gaulois d’Alfred Danicourt.

En effet, le public ignore souvent que le Musée Alfred-Danicourt, musée municipal de la ville de Péronne depuis 1877, possède l’une des plus belles collections de monnaies gauloises du monde. Plus de 400 monnaies d’or, d’argent et de bronze (appelées médailles au 19e siècle) font revivre le souvenir des dizaines de tribus gauloises qui battaient monnaie avant la conquête de la Gaule par les armées romaines. Certains exemplaires péronnais sont même uniques, tel un superbe statère en or représentant le chef arverne Vercingétorix.

L’exposition commune donnera les clefs de lecture essentielles pour comprendre le monnayage gaulois et s’initier à la numismatique ancienne. La numérisation et la mise en ligne sur internet de cette collection sont quant à elles l’aboutissement de plus de 200 heures de travail sur un an et d’une étroite collaboration entre le musée et le Service Joconde de la Direction des Musées de France. Ce projet entre dans le cadre des campagnes d’aide à la numérisation et à la valorisation des collections patrimoniales et culturelles soutenues par l’Etat (DRAC) et la Région Picardie. Son aboutissement augure un rayonnement international du médailler gaulois de Péronne qui sera aussi facilement consultable par un internaute picard que par un chercheur numismate à l’autre bout de la planète. Sur les quelques 1200 Musées de France, le Musée de Péronne est le premier à mettre en ligne une collection monétaire gauloise de réputation internationale et qui est très attendue des amateurs et des spécialistes.

A partir du 20 septembre, pour trouver la collection sur internet, le plus simple sera de taper « joconde » sur un moteur de recherche puis de se laisser guider vers les musées participants ou les expositions virtuelles. Vous pouvez aussi venir simplement en mairie de Péronne jusqu’au Musée Alfred-Danicourt pour la découvrir en vitrine dans son intégralité.

Pour en savoir plus: Musée Alfred-Danicourt

Source Medias Libres

mercredi, septembre 10 2008

Les stèles de la nécropole de Pont-l'Évêque à Autun

200 stèles funéraires, complètes ou fragmentaires, ont été découvertes à Autun en 2004 lors de la fouille d'une nécropole gallo-romaine. Leur quantité et la présence de nombre d'entre elles dans les fosses d'inhumation, disposées à plat sur les cercueils, confèrent à ce corpus une portée scientifique de premier ordre.


La nécropole
La nécropole s'étend au nord-est de la ville antique à environ 600 m de ses prestigieux remparts. La vocation funéraire du secteur était envisagée depuis le XIXe siècle grâce à la découverte de plusieurs stèles, mais il a fallu attendre un vaste projet immobilier engagé par la ville d'Autun pour que le véritable intérêt du site soit enfin révélé. Utilisée depuis la période augustéenne jusqu'au IIIe siècle de notre ère, la nécropole a livré environ 450 tombes dont des incinérations et une majorité d'inhumations.

Les stèles
79 stèles complètes, 1 autel et ont été dénombrés. Le nombre total de stèles est évalué à environ 200. Le répertoire iconographique se divise en deux types : les stèles à croissant surmontant un cartouche à queues d'aronde comprenant une épitaphe (20 cas) et les stèles figurées (64 cas) représentant des hommes, des femmes et parfois des couples et des enfants. En ce qui concerne la datation, les formulaires et l'iconographie incitent à placer tous ces textes dans la première moitié du IIe siècle de notre ère.

Comment ont disparu les stèles des Éduens ?
Les stèles sont toutes apparues en position secondaire : aucune ne fut retrouvée à sa place initiale au-dessus d'une tombe. La majorité d'entre elles a été rejetée dans des fossés et des fosses dépotoirs, mais un nombre non négligeable a été déposé à l'intérieur des fosses d'inhumations à plat au-dessus du cercueil, ce qui n'est pas sans poser des problèmes d'interprétation. Ce geste procède-t-il d'un acte rituel ou symbolique qui nous échappe ? Plusieurs hypothèses peuvent être avancées en guise d'explication, sans que l'une d'elle exclue forcément une autre.
 
L'acte rituel : le geste pourrait avoir une portée apotropaïque (qui détourne le danger, qui protège) ou relever d'une superstition (protection en faveur ou à l'encontre de l'âme du défunt).
La réouverture de la tombe : dans ce cas de figure, le dépôt résulterait d'une réutilisation de la tombe. Lors de la réouverture de la fosse, pour inhumer un membre de la même famille, les descendants du défunt auraient fait disparaître la stèle de l'aïeul en la déposant sur le cercueil de l'individu nouvellement enterré.
La stèle comme élément architectural de la tombe : elle constituerait un élément symbolique de couverture, tel le couvercle d'un sarcophage.
Le rejet fortuit : comme dans le cas des structures ayant servi de dépotoirs, nous serions en face d'un processus de rejet. Les stèles auraient été déposées dans les tombes pour des raisons pragmatiques, soit parce que les dépotoirs étaient déjà pleins, soit, par économie d'énergie et de temps, les fossoyeurs auraient trouvé plus aisé de les faire disparaître dans des sépultures implantées à proximité de celles tombées en désuétude.
 
Les questions sont multiples, les explications sujettes à caution et les interprétations toujours hasardeuses. Il faut maintenant attendre l'émergence d'exemples comparables pour tenter de saisir le véritable sens des faits archéologiques observés.

Source INRAP

W-S

mardi, septembre 2 2008

Les Monnaies Attribuables aux Rutènes… Et a la vallée de l’Hérault. Par Cédric Lopez. Edition VIIRIA. Montpellier, 2007.

Cedric Lopez a réalisé un méticuleux recueil d'informations sur le monnayage des Rutènes et de la vallée du Herault, en montrant une rigueur scientifique dans son analyse, peu commune dans une première oeuvre.


Pour une meilleure compréhension du sujet C.Lopez a divisé le corpus de sa recherche en cinq chapitres. Le premier est consacré à une présentation des Rutènes et au monnayage de la vallée de l’ Herault en général. Dans cette section, l’auteur introduit aux lecteurs la typologie monétaire de la région étudiée. Bien que les Rutènes soient arrivés et aient conquis le secteur à partir du VIIIe siècle av. J-C.,  c’est récemment dans le second siècle avant notre ère que commencera leur activité minière et leur capacité à frapper monnaie. Le nom des Rutènes apparaît pour la première fois dans le livre « la Guerre des Gaules » de Jules  César, en faisant  référence à la résistance courageuse engagée par ce peuple, uni à ses voisins, pour arrêter l'invasion romaine de la Gaules entre  58 et 50 av. J-C. Après la guerre, la région se transforme en «  Pagus Ruteni » et elle est  rapidement influencées par la culture de leurs conquérants.

Les chapitres 2, 3 et 4 :  l'auteur les consacre à décrire les variantes des Pentoboles (ou “drachmes”), les Bronzes et finalement les Óboles. De manière très adéquate on présente les pièces, toutes  accompagnées de photos et dessins, et dont les noms de types sont en accord avec l’iconographie  : « main ouverte » ; « sanglier au corps de fourmi » ; « Sanglier au corps gras » ; « torques » : « feuilles aquatiques » : « cercles » ; « Cavalier à droite - ou à gauche » et d'autres encore,
notemment ce qu'il propose comme être  des noms de chefs tribals : « Tatinos », « Attalus » et « Biracos ». Rien ne s'est échappé de l'oeil expérimenté de ce jeune collectionneur et étudiant. Un apport très précieux de C. Lopez, que le temps permettra de confirmer, de modifier et d'étendre, est la base de données qui sera forte utile pour de futures recherches.On y trouve aussi un grand travail au niveau des cartes de répartition.

La dernière section est consacrée aux photographies des pièces connues, afin de pouvoir les comparer et, comme indique l'auteur, d'éviter que l'on répète la mention de quelques exemplaires déjà connus dans un futur Corpus. L'auteur fait, depuis l'introduction, appel aux collectionneurs et étudiants pour qu'ils apportent de nouvelles données qui permetraient d’avoir une vision plus complète de ce sujet, pour le bénéfice de tous.

Je me permets de recommander à C. Lopez que dans une prochaine édition de l'oeuvre, il sera nécessaire après les apports qu'il recevra de la communauté numismatique, d’ étendre les données dans les références bibliographiques qui’il utilise, afin de fournir aux  intéressés l'accès aux sources mentionnées. Je considère que la valeur principale du travail de Cedric Lopez est son apport à la numismatique régionale et à une meilleure compréhension de la monnaie gauloise méridionale. Mais c’est aussi une démarche intéressante qui pourrait stimuler les études numismatiques locales pré romaines, en montrant que non seulement des spécialistes professionnels sont en capacité de le faire, mais aussi que les amateurs, s'ils sont rigoureux, sont en mesure de contribuer à l'éclaircissement de leurs sujets d'intérêt.

EDUARDO DARGENT.
Historien. Pérou.
Traduit de l’Espagnol.

Contact C.LOPEZ : projet_rutenes@yahoo.fr

jeudi, août 21 2008

Trésors des sépultures celtes et gauloises


Les musées de Metz
- la Cour d’Or organisent jusqu'au 13 octobre 2008 une exposition intitulée Trésors des sépultures celtes et gauloises des environs de Metz.



Cette présentation permettra de dresser un panorama des pratiques funéraires celtes et gauloises, à la lumière de découvertes récentes, notamment les nécropoles de Metz "Hauts-de-Sainte-Croix", Woippy "Bellevue" et Mondelange "Schemerten".
Des collections du musée issues de fouilles du XIXe siècle, réexaminées en fonction des connaissances actuelles, étayeront également le propos.
Une grande partie des objets, parmi lesquels figurent des éléments de parure prestigieux et des céramiques caractéristiques de l’art celtique, n’a encore jamais été montrée au public.
L’exposition présente les objets déposés dans une quarantaine de tombes, sélectionnées pour leur représentativité. Certaines font l’objet de reconstitutions.

Musées de Metz - la Cour d’Or 2 rue du Haut Poirier 57000 Metz
Tel : 03 87 68 25 00
http://musees.ca2m.fr/
Tarifs d'entrée :
- Plein tarif : 4.6 €
- Tarif réduit : 3.3 €
- Jusqu'à 25 ans : 2.3 €
- Jusqu'à 18 ans : Gratuit
- Demandeurs d'emploi : Gratuit
- Handicapés(adultes) : 1.5 €



Fibule, bronze or et corail

Sépulture 179, nécropole de Mondelange « Schemerten »
(IVe siècle avant notre ère) - © Musées de Metz

vendredi, août 1 2008

Vu sur le web - Deux potins non séparés!


Encore une superbe trouvaille denichée sur un forum. Deux potins encore liés par leur coulure!

Je vous rappelle que les potins étaient fabriqués par chapelet dans des moules où était coulé le métal en fusion, ce qui leur donne souvent un aspect médiocre par comparaison avec les monnaies frappées dont le relief est beaucoup plus net. Les monnaies coulées étaient séparées les unes des autres par une cisaile, ce qui explique la présence fréquente de bavures de part et d'autres des potins, qui, souvent, ne sont pas rarement parfaitement circulaires.
Cette rareté semble être un résidu d'un moulage.

Je vous laisse apprécier les photos.

 

W-S

mercredi, juillet 2 2008

Un village gaulois au nord de l'Aquitaine




Au carrefour des territoires des Bituriges Vivisques, des Petrucores et des Nitiobroges, un village d''artisans et de commerçants gaulois prospère.

Le site

Le site de Lacoste a été découvert en 1954 dans la petite commune de Mouliets-et-Villemartin en Gironde. Lors de prospections de surface, une multitude d''objets celtiques et antiques, datés entre le IVe siècle avant notre ère et le IIe siècle de notre ère, avaient été recueillis. Plusieurs campagnes de fouilles ont permis d''y localiser une zone d''habitat et un quartier artisanal de potiers du second âge du Fer (-450 à -50).

Entre août 2007 et avril 2008, la construction d''un gazoduc a été l''occasion pour une équipe de l''Inrap de fouiller une bande de 800 m de long sur 10 m de large, et d''approfondir les connaissances du site et de son organisation.

Un village bien organisé
Le site s''étend sur une trentaine d''hectares dans la basse vallée de la Dordogne. Non fortifié, il se trouve près d''un carrefour de voies, à la croisée de plusieurs peuples du nord de l''Aquitaine : les Petrucores, les Nitiobroges et les Bituriges Vivisques.

Autour d''un village de 4 à 5 hectares, des quartiers voués à la production d''objets manufacturés sont implantés : ateliers de potiers, de forgerons et de bronziers. Un réseau de petits fossés, constituant un parcellaire très régulier, orienté nord-sud et est-ouest, délimite des espaces destinés, semble-t-il, aux activités agropastorales.

L'habitat et les quartiers artisanaux
Les sols des maisons, en graviers, étaient recouverts de planchers aujourd''hui disparus. Les parois, de terre et de bois, reposaient sur des poutres sablières. A l''extérieur, on trouve de nombreux dépotoirs (tessons de céramiques, faune, etc.) et des foyers formés de plaques d''argile reposant sur des céramiques écrasées.

La principale activité artisanale reconnue à Lacoste est le travail du fer. Outre les multiples scories, la fouille a permis de recueillir de nombreux objets en cours de fabrication ainsi qu''un lingot de fer. Des ateliers de bronziers ont été identifiés grâce à la présence de fragments de creusets, de coulées et de gouttelettes de métal. Des ateliers de verriers sont également pressentis.

Le mobilier archéologique
Le mobilier archéologique recueilli lors de cette fouille est très abondant. Ce sont plusieurs tonnes de céramiques qui ont été découvertes dans la zone d''habitat et plusieurs centaines d''objets en fer dans les quartiers des forgerons. De nombreux vestiges de la vie quotidienne ont été exhumés, notamment des objets de parures celtiques en métal, en verre, en ambre ou en lignite.

Lacoste ville-marché
Cette fouille fournit une somme d''informations capitales concernant une catégorie de sites encore mal connue aujourd''hui. Lacoste était situé au carrefour des territoires des Bituriges Vivisques (en Gironde, autour de Bordeaux), des Petrucores (en Dordogne, autour de Périgueux) et des Nitiobroges (dans le Lot-et-Garonne, autour d''Agen).La prospérité de cette petite bourgade repose essentiellement sur une société qui a su très tôt - dès le IIIe siècle avant notre ère - développer une économie basée sur la production de masse, le commerce et les échanges, parfois à longue distance.

Source INRAP

W-S

lundi, mai 19 2008

Découverte d'un buste de Jules César à Arles




Le buste de Jules César découvert par l''archéologue plongeur Luc Long, en Arles, croupissait dans les eaux du Rhône depuis plus de 2050 ans. Ce buste en marbre daterait de 46 avant Jésus-Christ. Cette statue du fondateur de la cité d''Arles "constitue la plus ancienne représentation aujourd''hui connue de César", notait, mardi 14 mai, Christine Albanel, qui, après plusieurs mois de silence, révélait la découverte majeure du département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM).

Pourquoi tant de mystère ? "D'abord, il nous fallait sécuriser le site d''exploration afin d''éviter les pillages, explique Michel L'hour, le directeur du département. Ensuite, nous avons consulté les plus éminents spécialistes des statuaires antiques afin d''être certains qu''il s''agissait bien d''un portrait de Jules César. À l''unanimité, les chercheurs ont confirmé l''authenticité du portrait." D'autres détails ont pu être livrés, comme la datation, grâce à l''étude de la stylistique : "Ce buste grandeur nature est typique de la série des portraits réalistes d''époque républicaine, explique le conservateur du patrimoine. Les traits du visage sont durcis par l''âge, le front de César est gagné par un début de calvitie. Tout montre qu''il s'agit d''un portrait de l''empereur réalisé de son vivant."

Une pêche miraculeuse

Toujours selon Michel L''hour, la cité d''Arles, du fait de sa proximité avec son fondateur, devait receler de nombreuses statues de l''empereur romain. L'assassinat de Jules César le 15 mars, en 44 avant J.-C., a ,sans doute, "convaincu les habitants d''Arles qu''il fallait se débarrasser de ces statues devenues encombrantes. C''est ce qui expliquerait que celle-ci ait fini dans le Rhône," suppose l''archéologue.

Le repêchage a eu lieu entre septembre et octobre 2007. Une pêche miraculeuse, à bord du bateau Nocibé II , qui a permis de faire remonter du fond des âges et du Rhône... plus d''une centaine de pièces ! Le filon antique est, semble-t-il, loin d''être épuisé, si bien qu''un nouveau programme d'expertise sous-marine est prévu cet été sur le même site.

Neptune sauvé des eaux

Parmi les autres découvertes majeures, une statue de Neptune en marbre de près de 1,80 m de hauteur serait datée de la première décennie du IIIe siècle après Jésus-Christ. Les plongeurs du DRASSM ont également retrouvé une statue en bronze du satyre phrygien Marsyas. Cette statue haute d'environ 70 cm, dont les mains sont liées derrière le dos, est sans doute d''origine grecque hellénistique. Enfin, une statue en bronze de Victoire d''environ 70 cm de hauteur, se présentant en demi-relief, était probablement vouée à décorer un parement de marbre.

"Certains de ces objets seront mis en dépôt et présentés au musée départemental de l'Arles antique", indique le ministère de la Culture. Basé à Marseille, le DRASSM emploie une trentaine de personnes, dont 14 techniciens et archéologues plongeurs. Du fait de son immense surface maritime (la deuxième au monde), la France fut la pionnière en matière de plongée archéologique. Le DRASSM couvre actuellement 550.000 kilmètres carrés de fonds marins. Il est question d''élargir la zone couverte à 11 millions de kilomètres carrés.




Le Point

samedi, février 2 2008

Une ferme gauloise de l'âge de fer à Vitré




Trois siècles avant Jésus-Christ, une famille gauloise exploitait une ferme à deux pas de l'actuelle ville de Vitré. Un trésor pour les archéologues !« Exceptionnel ». À Vitré, les archéologues de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) jubilent. Les pelles et les pioches révèlent les fossés et les fondations du plus bel ensemble agricole de l'âge du fer de Bretagne. Un régal pour ces professionnels de la truelle qui remontent le temps avec beaucoup de passion et de courage. Car sur ce terrain balayé par les vents de l'hiver, il ne fait pas chaud.

« Nous sommes en présence d'une ferme gauloise dont les bâtiments les plus anciens peuvent être datés du IIIe siècle avant Jésus-Christ, commente Yves Ménez, directeur scientifique et technique à l'Inrap. C'est la première fois qu'on travaille sur un site aussi complet et d'une telle superficie. » Cette première enrichit la connaissance scientifique de l'occupation de la région par les Gaulois.

« Les Gaulois n'écrivaient pas leur histoire, insiste Yves Ménez. Il y a vingt ans, on ne savait rien de cette période en dehors des descriptions de Jules César dans la Guerre des Gaules : un récit forcément orienté puisque c'est le récit d'un occupant. »

L'enclos marque la propriété privée

A Vitré, la ferme est composée d'un enclos d'1,5 hectare entouré d'un enclos plus vaste à bétail, entouré d'une enceinte externe. « Cet ensemble n'a rien de défensif, affirme Anne-Louise Hamon, responsable de l'opération de fouilles à Vitré. Il s'agit d'une exploitation agricole d'une famille aisée. Quand on voit la taille de l'exploitation, il apparaît que des gens devaient travailler la terre pour cette famille gauloise. »

L'enclos ? « Il sert à marquer l'appropriation de la terre, précise Yves Ménez. On peut dire que c'est le premier signe de manifestation de la propriété privée. »

Au coeur des enclos, il existait un bâtiment de onze mètres sur huit, un grenier construit sur pilotis « pour isoler le bâtiment du sol et préserver la récolte des rongeurs. » L'ensemble était très bien organisé. L'entrée de l'exploitation a même été retrouvée, à l'est.

Mais le plus surprenant, c'est l'absence de témoignage d'occupation gallo-romaine. « Le site a vraisemblablement été abandonné avec l'occupation romaine qui a fait naître la ville de Rennes. » Les familles rurales se sont alors déplacées en ville.

Des barbares, les Gaulois ? « Certainement pas, lance Yves Ménez en montrant l'emplacement des fondations des bâtiments qui sortent de la terre argileuse. On voit ici le témoignage que leurs sociétés étaient hiérarchisées, leurs constructions soignées. On n'est pas en présence de barbares qui vivraient dans des huttes en pleine forêt. Ils vivaient dans des fermes aussi organisées qu'au Moyen âge et on découvre ici qu'il existait une véritable aristocratie rurale. » Bref, « ici, à Vitré, on écrit l'histoire que les Gaulois n'ont pas écrite. » La rédaction cessera fin mars avec l'arrêt des fouilles et la réalisation d'une zone d'activités.

Bertrand BONENFANT.
Ouest France

W-S

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