Fouilles d’Argentomagus : un service à vin, nouveau trésor du musée

Le musée d’Argentomagus, à Saint-Marcel, près d’Argenton-sur-Creuse, dans l’Indre, expose depuis peu son nouveau trésor : un service à vin exceptionnel du IIIe siècle, issu des fouilles estivales effectuées sur le site archéologique. Une découverte remarquable.

Argentomagus

Véritable conservatoire à ciel ouvert, situé à l’emplacement d’un oppidum gaulois, le site d’Argentomagus et son musée créé en 1990, présentent des vestiges d’une cité gallo-romaine du IIe siècle mis au jour depuis le 19e siècle. Chaque été, depuis 30 ans, des chercheurs, aidés par des étudiants en archéologie, mènent des fouilles aux abords du musée et le fruit de leurs recherches ne cesse d’enrichir les connaissances sur la ville.

Depuis 2009, plusieurs campagnes de fouilles se sont succédé à l’emplacement d’une nouvelle sortie du musée, devant la façade est du bâtiment, sur 300 m2. C’est sur ce site, à proximité du bâtiment quadrangulaire, dans ce qui semble être une structure de chauffe, peut-être un four, que vient d’être découvert un  remarquable service à vin datant du IIIe siècle.

Ce service, dont les archéologues s’accordent à souligner la facture et l’état de conservation remarquable, se compose de 13  objets principalement en alliage cuivreux (bronze), dont trois vases complets. Ces pièces ont été découvertes dans un grand chaudron de 0,80 m de diamètre qui contenait également des fragments de deux autres chaudrons plus petits, une anse, deux casseroles, deux cruches (dont l’une avec une anse décorée d’Hercule se reposant et de Télèphe représenté avec une chèvre), une coupe, un bassin, une passoire avec un bec verseur orné d’une tête porcine et deux plats argentés, dont l’un est muni d’un petit médaillon central figurant un griffon.

Ces dernières années, les connaissances sur la ville antique ont progressé de façon spectaculaire. Cette découverte vient de nouveau les enrichir et confirme un certain niveau de vie de la population d’Argentomagus comme le laissait déjà supposer la présence des nombreux vestiges découverts sur le site ces dernières années.

Dirigées par un responsable d’opération mis à disposition par l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques), dans le cadre d’un projet d’activité scientifique, les interventions archéologiques sont réalisées en collaboration avec l’équipe du musée, l’association pour la Sauvegarde du site d’Argentomagus et les Amis du musée, sous le contrôle de l’État, via la Drac, la direction régionale des Affaires culturelles et son service régional de l’archéologie.

Sur un site remarquablement conservé, au cœur d’un parc de verdure, Argentomagus emmène le visiteur dans une excursion passionnante vers l’Antiquité, lui proposant de tout découvrir de la ville : ses quartiers, ses rues, ses maisons, sa fontaine monumentale, son théâtre, ses temples, son jardin romain, unique en France, qui présente 150 espèces cultivées (plantes aromatiques, ornementales, médicinales…)… Tandis que sous le musée, la vaste crypte archéologique révèle un spectaculaire ensemble architectural et son autel domestique gallo-romain unique en Gaule, présenté sur le lieu même où il fut mis au jour.

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur ce site exceptionnel, le musée propose, en plus de ses prodigieuses collections permanentes, une exposition temporaire, « Argentomagus, la ville se dévoile », jusqu’au 15 décembre 2013. L’occasion de découvrir aussi un musée vivant et moderne, qui s’étend sur 2400 m2, et utilise les dernières technologies muséographiques, mettant ainsi en lumière sa volonté de véhiculer l’image d’une « archéologie à la portée de tous, compréhensible et intelligente ».

Plus d’infos : www.argentomagus.fr

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